Pas 5, pas 7, mais bien 6 facteurs principaux de la performance, du moins ce que je pense être la composante de l’athlète ultime.
Il est évident que d’autres facteurs que ceux-ci peuvent entrer en compte, le plus évident étant la génétique. Mais, étant donné que je suis un pratiquant naturel, j’ai choisi de ne m’intéresser qu’aux éléments sur lesquels on pouvait agir et c’est ce qui les rend intéressants.
1 – L’entraînement
Et oui, sans surprise, je pense que l’entraînement est le facteur numéro 1 de la performance. C’est assez évident qu’un sportif bien entraîné sera toujours plus efficace que son homologue qui a un vélo dernier cri mais qui prend la poussière dans son garage.
Par contre, l’entrainement mal géré peut aussi être un facteur de régression. Ainsi, un entrainement inadapté, trop intense, peut vous mener a un manque de forme ou a la blessure tant redoutée. C’est pour ça qu’il est souvent conseillé de se faire accompagner par un entraineur professionnel, surtout si vous avez des objectifs élevés, même (et surtout) si vous êtes débutant.
Dans certains cas, l’entrainement peut ne plus être le facteur de progression numéro un si celui-ci a bien été optimisé. En fonction de votre niveau d’entraînement et de ce que qu’il reste à optimiser (si vous êtes coaché ou pas, votre passé sportif, votre propension à éviter les blessures), le matériel peut être un facteur de progression plus efficace que de longue heures d’entrainement supplémentaires.
2- Le matériel
Je vais peut-être aller a contre-courant de certains discours, mais pour moi le matériel est un véritable facteur de performance également, et ce pour plusieurs raison.
Premièrement, c’est surtout le vélo en triathlon qui fera la différence et un destrier bien entretenu, avec le braquet qui passe correctement et des pneus de bonne qualité (voire tubeless) vous fera gagner un temps précieux. Néanmoins, cela ne doit pas être votre priorité avant d’être correctement entrainé : il ne sert à rien de débourser des milliers d’euros sur un vélo de chrono si vous ne savez pas enchainer 3h sur une selle. Par contre, si vous êtes entrainé correctement mais avez du matériel pourri, vous allez vous handicaper inutilement.
Également, avoir du beau matériel vous encouragera à l’utiliser et donc à vous entrainer. Personnellement voir mon Cervélo P-Series pendu à mon mur me donne envie de monter dessus (le vélo, pas le mur). Également, il est parfaitement entretenu et je sais qu’il va fonctionner correctement. Imaginez un vélo avec des vitesses qui ne passent pas et des pneus à moitié crevés ? Ca donne beaucoup moins envie de sortir avec.
Il y a lieu d’évaluer correctement vos besoins en fonction de vos priorités. Ainsi, un casque de contre-la-montre et un capteur de puissance vélo ont un prix équivalent, mais un capteur sera bien plus utile à votre progression (cela rejoint la point numéro 1) que le casque qui reste un gain très marginal comparé à la multitude d’information qu’un capteur de puissance vous offrira.
De même pour la natation et la course a pied, si vous êtes un nageur qui n’a jamais fait corriger sa technique, il est absolument inutile de s’offrir une combinaison haut de gamme en néoprène Yamamoto. Ou si vous êtes un coureur moyen, ne vous offrez pas des Alphafly à 300 € la paire, cela ne sert à rien de vous ruiner pour quelque chose qui n’est pas adapté à votre niveau.
En bref, il faut d’abord optimiser son entrainement avant d’aller chercher le dernier carat en matière de matériel.
3 – La nutrition
Il faut dissocier la nutrition avant et pendant la course de la nutrition au quotidien, leur effets n’étant pas du tout perceptibles de la même façon.
La nutrition et l’hydratation pendant la course peuvent transformer votre rêve en cauchemar si elles sont mal géréee. Vous pouvez être la personne la mieux entrainée du monde, le sportif le plus fort de sa discipline, le résultat sera le même : une nutrition inadaptée dans la semaine précédent et pendant la course peut vous ruiner totalement. Il faut tester sa nutrition au fil de ses entrainements pour comprendre ce qui convient à notre corps et ne surtout pas essayer des produits au hasard le jour de la course. Ainsi, se rapprocher d’un diététicien du sport peut vous faire gagner de nombreux mois et des heures de souffrance. La façon de s’alimenter le jour de la course, la veille et même la semaine avant est également importante. Il faut éviter de manger inhabituellement et l’idée reçue de s’empiffrer de pâtes la veille de la course. Des stratégies de charges glucidiques afin de maximiser la performance existent mais ne doivent pas s’improviser. Évidemment, l’alcool doit être à éviter absolument les jours précédent votre objectif, et de manière plus large dans vos semaines intensives d’entrainement, puisqu’il vous déshydrate et nuit à la récupération.
A l’inverse, la nutrition au quotidien me semble moins évidente mais également importante, puisqu’on parle la d’effets à long terme. Ainsi, une perte de poids due à une alimentation plus saine permet de gagner en vitesse sans pour autant fournir plus d’effort a l’entrainement. Cela permet aussi de réduire considérablement le risque de blessure, sachant que les bobos coupent net toute progression.
4 – La récupération/le sommeil
J’ai rassemblé ces deux aspects car je pense qu’ils sont complémentaires, même si on ne parle pas de la même chose exactement. Je développerai cela dans d’autres articles, mais globalement l’entrainement ne nous fait jamais progresser, du moins pas aller plus vite.
Pas de panique, je m’explique : le but de l’entrainement, c’est de générer un stress à l’organisme afin de générer des adaptations. Ce stress génère bien évidemment de la fatigue. La progression vient de la récupération : l’organisme, en se reposant, récupère et s’adapte au stress auquel il est exposé en rajoutant un petit bonus. C’est ce qu’on appelle la surcompensation.
Si vous avez bien lu, un corps très entrainé mais mal reposé ne progresse pas. Pire, il régresse car le risque de se blesser est accru et une fatigue profonde peut s’installer, réduisant la performance. Bien évidemment, le sommeil a un place prépondérante dans ce mécanisme, particulièrement durant les périodes intenses d’entrainement et la semaine précédant l’objectif. Le repos hors sommeil (actif ou passif) est également très important d’où l’importance d’avoir des entrainements bien calibrés pour ne pas avoir un corps sur-fatigué par l’excès d’activités.
5 – Le mental
Et oui, un mental fort, cela fait gagner du temps. La motivation profonde, l’envie de se faire mal, le gout de l’effort, sont autant d’aspects qui vous permettront de vous entrainer plus dur mais aussi d’être meilleur le jour de la course. Cela se travaille et arrive avec le temps !
6 – L’expérience
L’expérience est un facteur clé et parfois négligé. Ne pas arriver en terrain inconnu est un avantage prépondérant. Avoir ses automatismes, ses routines, se connaitre, connaitre son matériel, ses besoins, tous ces aspects permettent de gagner un temps précieux.
Évidemment, le temps est le meilleur allié pour gagner de l’expérience. Néanmoins, ce n’est pas parce que vous manquez d’expérience que vous ne devez pas profiter de celles des autres. Écoutez, renseignez-vous, profiter du partage des plus anciens. C’est aussi ça le plaisir et la magie de la triple discipline ! Personnellement, j’adore lire les compte-rendus des autres, cela permet vraiment de s’inspirer de ce qu’il faut faire et d’anticiper les erreurs a ne pas commettre.
J’avais d’abord envisagé d’écrire cet article sous forme d’une pyramide de la performance mais je me suis rendu compte en l’écrivant qu’il n’est pas juste de penser que l’une est plus importante que l’autre. Certes, si vous avez un S-Works dernier cri mais que vous ne roulez jamais avec, vous n’allez pas être bon, donc on pourrait penser que l’entrainement est le plus important. Mais à l’inverse, entrainez-vous comme un champion avec du matériel pourri et vous allez vous dégouter. Vous pouvez également vous entrainer de la meilleure des manière, mais ça ne passera jamais, du moins sur le long terme si vous n’avez pas vos heures de sommeil et une nutrition déplorablement trop arrosée.
Ma conclusion est donc que la performance est un mélange des 6 facteurs décrits ci-dessus, certains sont légèrement plus prédominants que d’autres mais ils sont tous incontournable si vous voulez atteindre votre plein potentiel physique !as

