Actus
Bon, avant de traiter de ce titre, comme d’habitude, quelque peu aguicheur, il y a 2 choses à communiquer à mon égard sur cette semaine.
Le second dossard est sécurisé pour l’an prochain. Puisque j’adore donner mon argent à Ironman, il s’agira du 70.3 de Westfriesland. Bon, c’est surtout que ce n’est pas trop loin et plat, ce qui correspond à un de mes objectifs futur : faire le meilleur chrono possible sur un half. En plus, c’est sans pro, on va donc tenter de chercher un classement sympa !
In ozer niouzzz, je participerai, pour la seconde année consécutive, au stage de triathlon (mais plus encadré pas la ligue francophone à Nice du 27 avril au 4 mai. L’expérience m’avait beaucoup séduit l’an passé, et c’est l’occasion de parfaire sa préparation sur les superbes routes de l’Ironman de Nice.
Je suis toujours en voie de guérison au niveau de ma cheville, je ne peux donc (toujours)pas recourir comme je le voudrai. L’occasion de reprendre sérieusement la natation (sans niveau et sans plaisir, quoi que) et de parfaire mes séances à vélo.
Sport = drogue = mal ?
Bon bref, la drogue. Ou le sport. Parlons un peu de bigorexie. Enfin je vais surtout exposer mon point de vue et mes réflexions par rapport à ce fléau menaçant la société.
Déjà, c’est quoi la bigorexie ? Let me google that for you (oui, ça vient de wikipedia, même si on nous a bassiné à l’école que ce n’est pas bien): La bigorexie, parfois appelée sportoolisme (ndlr : qui dit ça ? personne), est une dépendance à l’activité physique résultant d’une pratique excessive du sport. Jusque-là, ça reste assez basique et ça ne dit rien (que veut dire « excessif » ? Excessif par rapport à quoi ? Qui décide de ce qui est excessif ?).
Les personnes souffrant de bigorexie ne sont pas à leur aise si elles ne font pas de sport tous les jours. Elles organisent leurs journées autour de l’activité sportive et sont souvent obsédées par leurs performances et leur poids. Des signes de manque peuvent apparaître en cas de sevrage du sport, en particulier l’anxiété et l’irritabilité. Une personne touchée par la bigorexie peut insister pour pratiquer son sport malgré une blessure et s’éloigner de ses proches que ce soit dans l’entourage social, familial ou professionnel.
Sur cette base, est-ce que je dois me considérer comme étant un drogué au sport ? J’ai largement organisé ma vie afin de pouvoir m’entrainer entre 12 et 20 heures par semaine. Que ce soit le télétravail, la négociation d’horaire, ou le refus de certaines sorties pour cause de grosse séance le lendemain, tout cela me parle. Si je dois ne pas faire une séance parce que j’ai un imprévu, ça me gonfle royalement.
Il semble donc que je sois bigorexique, et que ce soit le cas aussi de bon nombre, voire de la quasi-intégralité, de mes connaissances dans le milieu du sport. A des degrés divers, certes, mais tout de même : tous des junkies !
Mais donc, pourquoi je ne me rue pas chez un psychologue puisque je suis malade ? Il faut avant tout se poser la bonne question : en quoi est-ce un mal ? Est-ce que toutes les addictions se valent ? Je crois pouvoir répondre non à chaque fois. Je n’ai jamais été aussi heureux et épanoui depuis que je suis autant impliqué dans mon sport. Et la plupart des gens ayant un style de vie semblable au mien le sont aussi. Je ne suis pas malheureux de sortir moins, de boire moins, de moins manger de la merde. Je suis heureux d’accomplir ma journée en m’étant entrainé. Je suis heureux de me fixer des objectifs, de faire des choses difficiles pour les atteindre. Cela me rend-il accro à ma pratique ? Sans doute. Mais je ne pense pas que l’on puisse mettre sur le même plan un accro au sport et un accro à l’héroïne. Dans l’écrasante majorité du premier cas, vous aurez quelqu’un d’heureux et en (très) bonne forme physique. Dans le second cas… bon je connais très peu de drogués donc je vous laisserai juge.
Tout va-t-il cependant bien dans le meilleur des mondes ?
La bigorexie peut causer des problèmes psychologiques, mais également avoir un effet sur la santé en conduisant à un épuisement général, à des déchirures musculaires, à des atteintes tendineuses, à des fractures ou même à un infarctus.
Bon l’infarctus… soyons sérieux 2 minutes : un pratiquant naturel de sport à haute dose est bien plus éloigné de l’infarctus que le sédentaire accro au nutella.
Pour le reste, je souscris assez à la définition. Si vous faites n’importe quoi niveau entrainement (particulièrement en course a pied) vous risquez de vous blesser ou de développer un syndrome de surentrainement. L’important, c’est surtout de bien s’entourer, et particulièrement d’un coach compétent et honnête qui saura vous recadrer et vous mettre sur les bons rails. Il faut à nouveau se poser les bonnes questions : pourquoi est-ce je dois pratiquer mon sport ? Est-ce que c’est parce que je suis un programme avec discipline pour un but précis ou parce que je suis frustré par les autres aspects de ma vie ? En fait, cela devient malsain à partir du moment où le sport n’est qu’une compensation de quelque chose qui se passe mal par ailleurs.
Le deuxième problème, c’est quand cela devient le seul pilier de votre vie. Parce qu’un unique pilier, quand ça s’écrouler, ça emporte tout le reste. En d’autres termes, si pour une raison ou une autre vous ne pouvez plus pratiquer, il faut pouvoir retomber sur ses pattes et ne pas se retrouver au milieu d’un grand vide. Ne sacrifiez jamais votre couple, votre travail, votre santé, votre vie au profit d’une activité sportive, qui plus est quand vous n’êtes pas professionnel. Il faut pouvoir rester les pieds sur terre et ne pas avoir des envies de grandeurs qui vont bouffer tout le reste. Certes, vous devez avoir de la discipline à certain moment, mais il faut pouvoir accepter un certain relâchement à d’autres pour prendre soin de ceux qui vous entoure et cultiver vos autres centres d’intérêt. Si le sport est la seule chose qui vous intéresse dans la vie, vous avez également sans doute un rapport malsain.
En conclusion, je pense donc que n’importe qui d’un tant soit peu impliqué sans son sport y est un peu accro. Mais l’état d’esprit général et les raisons profondes de sa pratique changent totalement l’aspect positif ou négatif de la chose. Il faut bien s’avouer que les sociétés occidentales sombrent de plus en plus vers la médiocrité à tout niveau, ainsi les sportifs aguerris refusant la bière du vendredi au bureau pour cause de course le lendemain sont vus comme des ovnis par la masse. Ne vous laissez pas influencer par ceux qui ne font rien, faites simplement votre introspection sur ce qui est réellement important pour vous et sur le rapport que vous entretenez à votre pratique.
Perso, c’est fait.

