Comme j’en parlais dans l’article de la semaine dernière, je suis blessé. Et malheureusement, c’est de la bobologie un peu sérieuse puisque j’ai un arrachement osseux à la cheville droite. Je tiens a rassurer les 2 personnes qui me liront : ce n’est pas aussi grave que ça n’en a l’air et on en guérit assez bien.
Donc, malheureusement, ça fout en l’air ma préparation pour Olne-Spa-Olne. J’avais en effet prévu 2 blocs de 2 semaines charge/1 semaine décharge. Autant dire que le premier cycle (au minimum) d’une préparation déjà relativement courte sur le papier va sauter. Etant donné que je ne peux reprendre, au mieux, que 20 jours post blessure et qu’il ne sera en aucun cas question d’aller faire de l’excentrique en descente pour reprendre, on peut parler déjà de préparation perturbée.
Alors certes, je cours depuis des années, certes, j’ai fait du sport de façon extrêmement régulière depuis décembre dernier, d’aucuns me diront donc que, malgré une préparation minimale, je pourrais tout à fait envisager d’accrocher mon dossard le 26 novembre. Malgré tout, je vais donc sans doute devoir renoncer à ma participation et je vais détailler le pourquoi de ma réflexion.
1 – Penser à long terme
Le problème de l’arrachement osseux, c’est que ça met une foutue épée de Damoclès au-dessus de la cheville pendant un certain temps. Certes, on peut recourir assez rapidement : je suis à J+9 post blessure au moment d’écrire cet article et, si je n’écoutais pas le médecin ou le kiné, j’aurais déjà recouru tant je ne sens pratiquement plus rien (du moins en faisant certains gestes…). Le problème, c’est qu’il ne faut absolument pas faire une seule erreur sous peine de se réabîmer sérieusement.
En effet, même si l’inflammation a diminué et que la douleur s’est estompée, il n’en demeure pas moins que la cheville ne tient pas et peut se dérober à la moindre inattention, ce qui provoquera de surcroit une douleur bien supérieure à celle ressentie la première fois. Sans parler des complications éventuelles et du fait de mettre la guérison par terre.
Puisque j’aime le sport et que j’ai encore envie d’en pratiquer pendant un bon moment (jusqu’à ma mort même), l’idée de m’abîmer durablement sur une partie absolument essentielle pour courir ne me parait pas être un calcul bien intéressant. J’ai de nombreuses envies et ambitions pour 2024 et je ne veux absolument pas les compromettre dès maintenant.
Je rappelle que cette course fait 70 kilomètres, fin novembre, dans les bois. Vous faites grosso modo 70000 pas sur cette course, donc 35000 chances que la cheville droite vrille sur je ne sais qu’elle saloperie de racine.
2 – Le manque d’envie induite
L’avantage d’une vraie bonne préparation, c’est qu’elle permet de faire le plein de confiance avant un objectif. L’inverse est vrai aussi : une préparation merdique ne vous met pas du tout dans les prédispositions mentales idéales.
J’avais un objectif précis et ambitieux pour OSO, à savoir faire mieux que mes 6h13 de l’an passé et approcher voire dépasser les 6h. Ma préparation avait été, je pense, extrêmement bonne mais exigeante, et je me souviens avoir été, le matin de la course, dans une forme que j’ai peu ressentie dans ma vie sportive. Le fait de ne pas pouvoir me préparer aussi bien, même à 80%, pour une course aussi exigeante me laisse extrêmement perplexe quant à mes chances de remplir mes objectifs.
Dans ce cadre, courir pour courir ne m’intéresse pas. Je sais que beaucoup de personnes courent pour voir la finish line (ce que je respecte), mais ce n’est pas mon cas. Je cours pour un objectif de performance précis et contre moi-même et non pas juste pour finir, d’autant plus que je l’ai déjà fait l’an passé. Donc, risquer de me reblesser durablement sur une course pour laquelle mes ambitions seront très limitées n’est pas vraiment ce qu’on appelle une bonne idée.
3 – Je n’ai pas besoin de faire cette course
Comme je l’avais expliqué dans un article précédent, je voulais essentiellement participer à OSO afin de ne pas laisser un trou béant entre la fin de ma saison 2023 et le début de ma saison 2024. Mon année 2023 a déjà été très satisfaisante, puisque j’ai atteint mes objectifs et même au-delà.
OSO est donc uniquement la cerise sur le gâteau, la course « plaisir » de fin de saison pour me maintenir une routine d’entrainement et aller chercher une dernière performance. Ce n’est pas comme si j’avais eu une saison pourrie et que je comptais sur cette course pour me rattraper. Dès lors, prendre le risque de la faire comparé au bénéfice à en retirer est bien trop important.
Conseil bateau : quand je dois prendre une décision, j’essaye de mesurer le pour et le contre et de me décider en fonction de ça en éliminant l’émotionnel. Dans le dilemme qui nous occupe, il y a beaucoup plus de contre que de pour. Simple, efficace. Je ne ferais donc sans doute pas OSO cette année, a moins d’une intervention divine sur ma cheville.

